Le premier cours
d'état-major organisé par l'Armée canadienne est offert à Ford Manor en
Angleterre en 1941. Les onze cours d'état-major de guerre subséquents, d'une
durée de quatre à six mois, se donnent au Collège militaire royal, à
Kingston. En 1946, le Collège d'état-major est intégré à l'effectif régulier
de l'Armée canadienne, puis il déménage au Fort Frontenac, à son emplacement
actuel, l'année suivante.
Le cours d'état-major, qui dure de quatre à six mois, est offert tous les
ans de 1946 à 1958. En 1959, sa durée est prolongée jusqu'à deux ans, puis
en 1965, elle est ramenée à un an, jusqu'en 1973. L'année suivante, en 1974,
les autorités des Forces canadiennes unifiées introduisent un nouveau
système de formation du personnel. Il s'agit d'un système à trois échelons
comportant un cours élémentaire d'état-major de dix semaines, suivi d'un
cours d'état-major de la Force terrestre de cinq mois et finalement du cours
d'état-major des Forces canadiennes, d'une durée d'un an. La formation
d'abord connue sous le nom de Cours élémentaire de commandement et
d'état-major (Terre) dure 16 semaines. En 1975, on décide de laisser tomber
le mot " élémentaire ", de rebaptiser le cours " cours d'état-major des
Forces terrestres canadiennes " et d'en prolonger la durée jusqu'à 20
semaines. À la même époque, le Collège prend le nom de " Collège de
commandement et d'état-major de la Force terrestre canadienne ".
En 1996, le Collège ferme ses portes pendant un an afin de restructurer le
cours de 20 semaines, refonte qui donne naissance à deux cours. Le cours
d'état-major de la Force terrestre (CEFT), d'une durée de 18 semaines, est
offert deux fois l'an. Le cours de commandement et d'état-major de la Force
terrestre (CCEFT), qui dure 20 semaines, se donne une fois l'an et s'adresse
aux diplômés du CEFT.
À la suite d'une révision du programme de perfectionnement professionnel des
officiers de l'Armée de terre, en 1999 - 2000, le Collège modifie de nouveau
la structure de son cours pour permettre à tous les officiers de suivre un
programme régulier de formation aux fonctions de commandement et
d'état-major. Jusqu'à 2000, seuls des officiers choisis recevaient ce genre
de formation. Par la suite, en 2001, le Collège recommence à offrir un seul
cours, cette fois désigné sous le nom de cours de commandement et
d'état-major de transition (CCET). Il s'agit d'un cours de 16 semaines dont
les six premières sont offertes au moyen de l'Internet à l'aide des
méthodologies d'enseignement d'apprentissage à distance (AD). Le CCET est le
précurseur temporaire du cours sur les opérations de l'Armée de terre
(COAT), d'une durée de 18 semaines, dont la première série sera offerte en
2003.
En 1868, le Collège d'état-major à Camberley adoptait comme emblème une
chouette perchée sur des épées entrecroisées et surmontée d'une couronne, le
tout accompagné de la devise "Tam Marte Quam Minerva". Ce dessin était le
résultat des efforts conjugués du capitaine (devenu par la suite major-général)
J.N. Crealock, alors stagiaire au Collège et du major honoraire (devenu par
la suite lieutenant
-colonel) A.S. Jones, VC, capitaine-adjudant à l'époque. Le capitaine Crealock qui était un artiste amateur de talent avait constaté que le Collège ne possédait pas d'emblème et il proposa d'en dessiner un. Minerve est la déesse de la Guerre et de la Sagesse dans la mythologie romaine, et la chouette était son oiseau favori.
Il existe diverses traductions de la devise, et l'une des meilleures semble être celle proposée par le feld-maréchal Wavell lors de sa causerie au Haldane Memorial en janvier 1948. Sa traduction anglaise était la suivante : "By fighting as much as by writing" (Par l'épée comme par la plume) ou "By kill as much as by skill" (Par la puissance et par l'adresse) ce qui, selon lui, soulignait que les ordres d'opération ne permettent pas de gagner les batailles sans le courage et l'endurance des soldats qui les exécutent. En 1956, le directeur des humanités du Wellington College, de Berkshire, auquel on avait demandé son opinion, déclara que le latin utilisé dans la devise était correct et que, comme dans la phrase on insistait un peu plus sur Mars que sur Minerve, on pourrait traduire ainsi cette devise : "With understanding and with force of arms" (Par le savoir et par la force des armes) ou "Practical as well as theoretical soldiering here" (Le succès militaire par la pratique et la théorie). Cela semble très bien s'accorder avec la traduction de Lord Wavell citée plus haut.
En 1946, on conçut une version canadienne de l'emblème du collège d'état-major de Camberley, en ajoutant à la partie inférieure du dessin une bande portant le mot CANADA. Le 23 avril 1946, le collège d'état-major de Camberley signifia qu'il était pleinement satisfait de l'adaptation canadienne, et quelques semaines plus tard, les membres militaires du Conseil supérieur de l'Armée l'approuvaient. Le 30 mai 1946, le War Office annonça qu'il autorisait le Collège d'état-major de l'Armée canadienne à utiliser la version canadienne de l'emblème du collège d'état-major de Camberley. On considère que c'est à cette date que l'emblème est devenu l'emblème officiel du Collège d'état-major de l'Armée canadienne. En février 1977, la forme actuelle de l'emblème du collège était officiellement acceptée comme emblème du Collège de commandement et d'état-major de la Force terrestre canadienne. On jugea alors que le harfang des neiges était plus représentatif d'un collège d'état-major canadien, si bien qu'il fut adopté à la place de la chouette.